Kinésiologie

Suite des deux nouvelles sur « Le droit d’oublier » de LJHDuc. Bien avant les évènements du Visage du Soleil, Louis Westwood cherche à compléter son équipe en rencontrant une nouvelle spécialiste qui pourrait grandement contribuer à sa quête.

Louis Westwood poussa un soupir ennuyé. Il avait bâti les fondations de sa carrière sur ses compétences en développement informatique, s’était hissé à la tête du Département de Recherche et Développement en démontrant ses capacités en management, et obtenait d’excellents résultats en nouvelles technologie grâce à une équipe de chercheurs passionnés. Mais depuis près de douze années qu’il était à la tête du département, et près de vingt années qu’il avait commencé à diriger des équipes, jamais il ne s’était habitué aux réactions butées, fermées, obtuses, ridiculement outragées ou ouvertement dédaigneuses de ces scientifiques par ailleurs forts sympathiques pour la plupart, mais confinant à la stupidité lorsqu’il s’agissait de se confronter à des représentants de domaines moins… académiques.

kine titree

Il avait recherché durant plusieurs mois, et en secret de ses équipes, une aide pour le projet sur la reconnaissance des expressions faciales par l’intelligence artificielle. Les rapports et présentations auxquelles il avait assisté lui avaient donné la conviction que les programmeurs et analystes n’avaient pas la bonne approche, et ne faisaient que répéter des schémas conventionnels : créer une base de données comparative et laisser l’IA l’analyser afin qu’elle développe ses algorithmes, en espérant que la puissance de calcul disponible pourrait gérer la multitude de combinaisons possibles.

Les résultats montraient qu’une IA avait besoin de 10 000 images afin de reconnaître… un visage humain d’un visage animal, ou même de certaines plantes. Le schéma invariable de développement de l’IA passait par la construction d’un outil d’analyse géométrique des visages, mais dans le meilleur des cas l’IA ne pouvait que reconnaître un visage déjà observé dans des images dont la résolution était nécessairement élevée, et des expériences sur des vidéos étaient en préparation. Cela se limitait quand même à une comparaison à partir d’une base de données. Très loin des objectifs d’une IA digne de ce nom.

Il avait assisté, sur invitation d’une amie de sa femme, à une conférence sur la kinésiologie, présentée comme une science de l’étude des mouvements et attitudes. Une des spécialités consistait en l’étude du visage et des expressions faciales, et c’est dans cette spécialité que Louis avait fouillé plus avant. Il avait sollicité des entretiens avec des spécialistes, et était reparti avec la même impression désagréable à chaque fois : des opportunistes manquant de rigueur scientifique, entachés de convictions diverses transformant irrémédiablement leurs recherches en plébiscites sociaux.

Jusqu’à ce qu’il tombe sur un article mentionnant Jocelyn Graham. L’article lui-même traitait de la collaboration de scientifiques, universitaires et experts de divers domaines avec… l’industrie des jeux vidéo. Le nom était simplement cité comme l’experte universitaire en charge du sujet des expressions faciales dans un jeu dans lequel les concepteurs souhaitaient avoir des dialogues plus humanisés, une sorte de démonstration de maîtrise technique puisqu’il semblait que l’animation de visages numériques soit d’une difficulté importante. Étant donné les résultats médiocres obtenus par sa propre équipe, Louis était tout disposé à croire en cette difficulté.

Jusque-là, tout pointait vers une facilitation de la vie de Louis : une universitaire ayant déjà travaillé avec des programmeurs aurait un contact plus aisé avec ses propres ouailles. Une recherche rapide, quelques photos et interview plus tard et… Louis se sentait abattu. Jocelyn était une dame dans la soixantaine, aux longs cheveux grisonnants, au visage fin et avenant, un accent canadien à peine marqué, mais aussi des robes à fleurs multicolores ou des tee-shirts avec des inscriptions militantes, un sourire innocent, toujours une fleur dans les cheveux, toujours l’air distraite, et réputée toujours de bonne humeur. Un vrai cauchemar. Non pas que tous les scientifiques de son centre soient d’ineffables rabat-joie, mais parvenir à faire prendre au sérieux une… hippie sur le retour…

Elle avait écrit un seul livre, que Louis avait lu. Le livre n’était pas très long, et présentait la thèse de Jocelyn, qu’elle avait soutenu à l’âge de 58 ans. C’est ce livre qui lui avait valu le poste de conseiller auprès de l’éditeur de jeux vidéo, et Louis pouvait comprendre pourquoi : un exposé parfaitement clair de la complexité des expressions corporelles et faciales, les différences culturelles, les variations entre les individus… Et une méthode pour analyser et comprendre les expressions. La méthode était une simple ébauche, de l’aveu de l’auteur, mais démontrait les bases solides d’une approche rigoureuse et tautologique.

La biographie de l’auteur donnait la formation de Jocelyn : une ancienne danseuse et chorégraphe. Un passage dans des ballets classiques, puis de l’avant-garde artistique avec plus ou moins de succès. Dans son livre elle parlait brièvement d’une reconversion suite à des réussites financières, lui permettant de se consacrer à une passion découverte sur le tard : l’étude des expressions et attitudes dans la communication humaine. Le flou entourant cette part de son passé était l’un des sujets que Louis voulait aborder avec elle, car il s’était décidé à la rencontrer.

Un des avantages à travailler pour un groupe industriel est la capacité financière de régler un certain nombre de problèmes, par exemple trouver une filiale de groupe avec une salle de réunion de libre non loin de son lieu de résidence. Fort heureusement, Jocelyn habitait Montréal, qui abritait une branche du groupe. L’occasion pour Louis de manger des burgers accompagnés de sauce mayonnaise sans sa femme, qui ne manquerait pas de désapprouver un repas aussi déséquilibré.

La filiale de Montréal ressemblait à un jardin à peine aménagé par la main de l’homme. Une des lubies du créateur du groupe EGregor : il aimait investir du temps et de l’argent dans la conception d’architectures innovantes pour ses entreprises. Et force était de le reconnaître, il était doué. Le centre était un peu à l’écart de la ville, mais relié par un tramway électrique. Une gare donnait sur l’entrée du Centre, un bâtiment bas et dont le toit était végétalisé. Des arbres de hauteur et volume allant crescendo cachaient les bâtiments, qui se situaient le long de chemins ondulants entre les arbres, et se rejoignant au centre sur le restaurant d’entreprise qui donnait sur un petit étang artificiel. On ne pouvait imaginer en marchant dans ce parc dédié aux nouvelles technologies que plus de 2000 employés s’affairaient ici, tant le lieu était paisible. La section Recherche et Développement ne représentait que 15 personnes environ, mais c’était le plus grand centre canadien du groupe.

Louis savait que le lieu plairait à Jocelyn, il la voulait dans les meilleurs dispositions possibles pour leur entretien.

Quittant l’aéroport en taxi pour rejoindre le centre, il se remémora les questions qu’il souhaitait poser, tout en se demandant quel genre de réponse Jocelyn lui fournirait. Il ne devait pas s’arrêter aux compétences de la dame, mais aussi trouver le moyen, si professionnellement elle pouvait participer aux recherches, de l’intégrer dans les équipes. Un nouveau long soupir lui échappa…

L’hôtesse d’accueil lui fit grâce de son merveilleux sourire lorsqu’il arriva au comptoir d’entrée. Elle fit appeler sa secrétaire d’agence, qui vint le chercher afin de lui faire un rapport sur les activités R&D. Il plaisait à Louis de marcher en écoutant, sans se focaliser sur des détails, il gardait une vue d’ensemble et même sous un flot continu d’information il ne perdait jamais le fil de ses pensées. Lorsqu’elle en vint à l’arrivée de Jocelyn plus de deux heures en avance, Louis s’arrêta un instant, surpris. Il demanda où elle se trouvait, et la secrétaire l’informa qu’elle était en discussion avec un groupe de jeunes programmeurs non loin du restaurant.

« Intéressant, savez-vous de quoi ils discutent ?

– Je ne saurais dire, Monsieur le Directeur, souhaitez vous que je me renseigne ?

– Ce ne sera pas nécessaire. Pourriez-vous me faire préparer un burger avec votre recette canadienne à la sauce mayonnaise je vous prie ?

– Bien sûr. Mais nous avons des plats plus fins et moins…

– Jeune femme, j’ai droit à longueur de semaine à des dîners gastronomiques, et des repas d’affaire presque tous les midi dans les meilleurs restaurants. Je suis repu de repas les plus fins, élaborés, délicats… au Canada, je souhaite manger un bon vieux burger, car c’est l’un des rares endroits où j’en ai la liberté.

– Bien Monsieur, quelle cuisson ?

– À point, je vous remercie. »

La secrétaire organisa le repas sur sa tablette, et prépara la liste des emails auxquels le Directeur devait répondre personnellement. Elle s’éloigna afin de regagner son office, laissant le Directeur flâner en se rendant au restaurant d’entreprise.

L’ambiance du lieu était étonnamment calme, mais sans doute cela était du à l’heure tardive pour un service de midi. Louis s’était attardé en route, et il était près de deux heures de l’après-midi, la majorité des employés étaient déjà de retour au travail. Il pensa à nouveau à l’entretien à venir, et notamment aux jeux vidéos. Par sa spécialité il connaissait les bases du concept, mais lui-même ne s’était qu’à de très rares occasions laissé tenté par un essai sur un jeu. Il savait que l’évolution technologique dans ce domaine était surprenante, et même pour les cadeaux de Noël et anniversaires des jeunes personnes de sa famille il ne s’y était jamais vraiment intéressé.

L’excellent burger qui lui fut servi lui détourna l’attention le temps du repas, et c’est de bonne humeur et plein d’un optimisme de bon aloi qu’il se rendit à son bureau pour l’entretien. En arrivant, sa secrétaire lui présenta Jocelyn qui l’attendait en buvant du thé. Lui même se présenta en serrant la main de la dame grisonnante et souriante, d’une beauté encore présente dans la silhouette élancée et le visage fin. Il demanda un café, et invita Jocelyn à le suivre dans son bureau, où une table basse entourée de fauteuils confortables servait aux entrevues. Ce n’est que lorsque la secrétaire fut repartie après avoir déposé le café, et refermé la porte, que l’entretien pu commencer.

-Chère Madame, permettez moi de me présenter à nouveau : Docteur Louis Westwood, Directeur du Département de Recherche et Développement du groupe EGregor.

-Jocelyn Graham, chercheur en kinésiologie, consultante.

-Souhaitez-vous que j’use d’un titre en particulier, Madame, Docteur…

-Jocelyn sera parfait cher Monsieur. J’ai passé l’âge des révérences, et je n’ai jamais vraiment aimé les titres ronflants et distinctions… comme si l’on devait différencier les humains purement sur quelques années d’étude plutôt qu’une vie d’accomplissements. » Louis leva un sourcil un peu amusé, Jocelyn ne s’était pas départie d’un sourire innocent, comme si elle ne comprenait fondamentalement pas la politesse américaine, et ce que sa phrase pouvait avoir d’insultant pour certains.

-Hé bien, Jocelyn, j’ai souhaité un entretien avec vous afin d’en savoir un peu plus à votre sujet et surtout votre domaine d’expertise.

-Afin de comprendre pourquoi vos IA ont besoin de plusieurs milliers de photos de visages avant de reconnaître un visage humain d’une plante verte, et plusieurs dizaines de milliers afin de reconnaître un seul visage avec plusieurs expressions ? Parce que vous être encore très loin d’être en capacité de produire un IA pouvant suivre une conversation avec un humain. Même si d’un point de vue de sécurité ce n’est pas essentiel, avec votre stratégie d’intégration de robots dans la population afin d’en favoriser l’acceptation et donc le commerce vous avez tout intérêt à pouvoir présenter des androïdes dignes de ce nom, et pouvant interagir sans danger pour la psyché humaine.

-Comment savez-vous cela ? » Louis ne souriait plus, et tout optimisme l’avait quitté. Son esprit se mettait à chercher de manière frénétique comment elle aurait pu avoir accès à ces informations… Les chercheurs qu’elle aurait rencontrés ? Non, il ne sont pas au courant…

-Calmez-vous Louis, vous permettez que je vous appelle Louis ? » Louis était trop choqué pour répondre. « Vous ne lisez pas assez de Science Fiction, au contraire de votre CEO. C’est la base de beaucoup de romans que de mêler des IA et androïdes aux humains, et je sais lire les articles sur internet qui parlent de Machine Learning. » Elle restait d’un calme parfait, son sourire toujours affiché, cordial même. « Et je travaille depuis un moment avec des programmeurs qui avaient probablement exactement le même problème que votre équipe.

-Je suis tout ouïe.

-Pas pour le moment. Vous souhaitiez me poser des questions ?

-Euh oui… » Visiblement troublé, Louis pris quelques secondes pour retrouver ses esprits. « Comment en êtes-vous venue à étudier la kinésiologie ?

-Je souhaitais créer quelque chose de nouveau. Une illusion dont je suis revenue d’ailleurs, mais qui m’a motivée à l’époque. Après avoir passé ma vie dans le milieu de la danse, j’ai compris que l’expression corporelle est loin d’être comprise dans nos rapports quotidiens. Je passerai sur quelques essais de mise en scène de cette thématique, j’imagine que la danse contemporaine ne soit pas votre fort. Pour simplifier, dans ma démarche artistique je me suis posée la question de la symbolisation de l’incompréhension dans les rapports entre personnes afin de les retranscrire dans des mouvements esthétiques.

-Avec succès ? » Louis essayait de retrouver sa cordialité, Jocelyn laissa éclater un rire cristallin.

-Le succès est un autre concept dont nous ne discuterons pas ici : succès de spectateurs, de critiques, d’argent, de reconnaissance, satisfaction personnelle… Je me suis néanmoins retrouvée avec un sentiment d’inaccompli. Un de mes amants, un joueur de poker… » Louis rougit à cette évocation abrupte de sa vie personnelle, ce que remarqua Jocelyn avec un large sourire amusé « Louis voyons, nous ne sommes plus des enfants. Je disais donc que cet homme entreprit de m’initier au poker, me faisant mystère du pourquoi. Je découvris un univers dont la profondeur scientifique m’était méconnue. Je passerai sur la théorie des jeux, qui n’est qu’un exemple. J’appris les trois phases du joueur de poker : jouer avec ses cartes, jouer avec ses jetons, et jouer avec le joueur d’en face. Et pour cette dernière phase, mon Cher, l’important c’est de savoir lire les expressions de son adversaire.

-Je commence à comprendre, auriez-vous été compétitrice ?

-Tout à fait. J’ai remporté un tournoi avec un prix confortable, qui a permis de financer ma reconversion. Les joueurs de poker m’ont fourni un vivier de cas d’étude, notamment car ils cherchent toujours à cacher leurs expressions : il suffit de repérer celle qu’ils cachent pour savoir les lire. Il y a aussi ceux qui simulent pour vous piéger, ou même ceux qui s’auto-hypnotisent afin que leurs réactions soient aléatoires ou suivent un schéma prévu à l’avance.

-Et les jeux vidéos ?

-Ils sont divertissants, pourquoi ?

-Non je veux dire, pourquoi travailler dans les jeux vidéos ?

-Parce qu’ils sont divertissants. » Un nouveau sourire éclatant. « En fait il y a une performance artistique dans beaucoup d’œuvres vidéo ludiques, et je suis allée proposer d’en réaliser une à un studio de développement. Le projet s’est lancé d’une manière un peu différente : ils ont intégré le concept dans un jeu déjà en production. Nous avons travaillé sur les muscles faciaux, les expressions de base, et des attitudes déterminées pour le moteur du jeu. Les résultats sont intéressants, mais encore trop mécaniques évidemment. C’est pour cela que je souhaiterais travailler avec vos services pour développer un modèle plus avancé.

-Je vous demande pardon ? » Louis allait de surprise en surprise.

-C’est pour cela que vous m’avez faite venir, et vous ne comprenez pas encore la difficulté de la kinésiologie. Posez moi encore une question que vous vouliez me poser.

-Je ne sais que dire…

-Il y a une question que vous répugnez à poser, c’est visible. Allez-y.

-Hé bien…

-Suis-je une imposteur ? Un charlatan ? Est-ce que je considère mes collègues, ou soi-disant, comme une communauté scientifique ?

-Vous lisez en moi comme un livre ouvert. Je m’interroge en effet, de manière moins abrupte cependant, et…

-Fi de politesse affectée, vous êtes resté dans la facilité trop longtemps, dans un milieu social un peu trop sous votre contrôle. Je ne m’arrête pas à des considérations de retenue sociale, ou de soi-disant respect en prenant des détours. » Son visage était devenu plus éclairé à mesure qu’elle parlait, il voyait en elle à présent l’ancienne directrice de troupe, décidée et ferme, et la militante féministe. « Nombre de mes collègues sont des idiots, forts sympathiques pour beaucoup, dont j’apprécie les idéaux. Ils cherchent à améliorer la communication entre les individus ou entre les Humains. Une utopie, un combat sans fin… quel que soit mon avis sur la question ils ont le courage de leurs opinions. Leur manque de rigueur scientifique vient de la phase de construction de notre science. Il me semble que l’informatique s’est développée dans des garages de post-adolescents neurasthéniques non ?

-Hum, sans aller jusque -à, je comprends votre point de vue.

-Pas encore. Parce que la question que vous allez me poser ensuite est : suis-je en capacité d’expliquer ma science et d’en faire un concept de base pour que des développeurs utilisent des éléments concrets dans leurs travaux ? Mais ce n’est pas encore la bonne question.

-Et quelle est-elle ?

-Suis-je capable d’éduquer certains de vos programmeurs afin qu’ils intègrent les notions de base de ma science afin que nous puissions travailler ensemble, et c’est cela qui est intéressant ! » Le silence s’établit un court instant. Louis ne pouvait qu’admirer l’intelligence de cette femme surprenante. « J’ai une question à présent pour vous. Les physiciens sont-ils capables d’expliquer l’univers ?

-Pardon ? » Jocelyn lui envoya un regard appuyé, comme pour le réveiller. « En grande partie oui, les théories actuelles évoluent beaucoup, mais il reste encore beaucoup à découvrir, par exemple les travaux récents sur la matière noire et l’énergie noire, dont le nom même évolue…

-Et vous demandez à la kinésiologie d’atteindre une complétion que les physiciens n’ont pu atteindre en plusieurs milliers d’années d’étude ? La kinésiologie est l’étude d’une part absolument humaine, à la fois sociétale et individuelle, trahissant les pensées et intentions en se basant sur une dimension consciente mais surtout inconsciente. Pensez-vous que seules les expressions du visage trahissent des émotions ? Les mains, les épaules, la respiration, tous les membres et les organes sont à l’œuvre ! C’est une étude tautologique de l’humain en mêlant physique et psyché qu’il faut conduire, et l’incompréhension de cette conception est le défaut même de votre équipe, et était celui de l’équipe avec laquelle j’ai travaillé.

-Êtes-vous capable alors de travailler avec mon équipe, ou au moins certains d’entre eux ?

-Je le pense. Louis, êtes-vous capable de lire les réactions de votre épouse sans qu’elle parle ?

-Euh oui, bien sûr, même si j’ai toujours du mal parfois, mais…

-Et bien vous faites de la kinésiologie sans le savoir. Par pratique, l’on apprend à lire les personnes qui nous entourent, et à adopter des schémas socialement partagés afin de faciliter la communication. Nous faisons tous de la kinésiologie de manière inconsciente. C’est sur cela que je pense baser mes futurs travaux, et les schémas d’analyse de l’IA.

-Je n’ose même pas ne pas vous proposer de vous joindre à nous.

-Engagez-moi sous contrat de consultante, cela me convient et me suffit. J’aime un certain sentiment de liberté. » Son fin sourire enfantin était de retour. Quelle transformation après une tirade aussi passionnée, se disait Louis. Et quelle femme.

LJHDuc


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s